Transmission tardive du CDD : quelle sanction pour l’employeur ?

stylo3Le contrat de travail à durée déterminée doit être transmis au salarié, au plus tard, dans les deux jours ouvrables suivant l’embauche (article L1242-13 du code du travail).

La cour de cassation a précisé que « l’employeur doit disposer d’un délai de deux jours pleins pour accomplir cette formalité; le jour de l’embauche ne compte pas dans le délai non plus que le dimanche qui n’est pas un jour ouvrable » (Cass. Soc. 29 octobre 2008 n° de pourvoi 07-41842).

  • Que se passe-t-il si l’employeur ne fait pas signer le CDD dans les deux jours ?

Auparavant, la sanction était particulièrement sévère puisque le contrat à durée déterminée était alors réputé à durée indéterminée (l’ancien article L1245-1 du code du travail précisait en effet qu’était réputé à durée indéterminée tout contrat conclu en méconnaissance des dispositions de l’article L1243-13). La cour de cassation jugeait ainsi de façon constante que « la transmission tardive pour signature équivaut à une absence d’écrit qui entraîne requalification de la relation de travail en contrat à durée indéterminée » (Cass. Soc. 17 juin 2005 n° de pourvoi 03-42596; et ce même s’il s’agit d’une transmission tardive d’un TESA – titre emploi simplifié agricole – Cass soc. 13 mars 2013 n°11-28687 ).

Depuis le 24 septembre 2017, date de publication de l’Ordonnance « Macron » n° 2017-1387 du 22 septembre 2017, le retard dans la remise du CDD au salarié n’est plus sanctionné par la requalification en CDI.

L’alinéa 2 du nouvel article L1245-1 du code du travail précise en effet que  « la méconnaissance de l’obligation de transmission du contrat de mission au salarié dans le délai fixé par l’article L. 1242-13 ne saurait, à elle seule, entraîner la requalification en contrat à durée indéterminée. Elle ouvre droit, pour le salarié, à une indemnité, à la charge de l’employeur, qui ne peut être supérieure à un mois de salaire« .

Le retard dans la remise du CDD, passé les 2 jours prévus par le code du travail, ouvre par conséquent droit au salarié à une indemnité égale à mois de salaire brut maximum, à titre de dommages-intérêts.

L’ancienne sanction de requalification en CDI reste néanmoins applicable pour les CDD conclus antérieurement à la publication de l’Ordonnance du 22 septembre 2017.

sanctionA noter: l’employeur reste néanmoins soumis à une sanction pénale s’il n’a pas transmis le CDD au salarié au plus tard dans les 2 jours suivant l’embauche: le code du travail prévoit une peine d’amende de 3 750 euros. La récidive est quant à elle punie d’une amende de 7 500 euros et d’un emprisonnement de six mois (article L1248-7 du code du travail).

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2 réflexions au sujet de « Transmission tardive du CDD : quelle sanction pour l’employeur ? »

  1. Bonjour,
    Alors que j’avais convenu par téléphone un CDD saisonnier de 6 mois ,à mon arrivée sur le lieu de travail il m’a été proposé un CDD saisonnier d’un mois ,renouvelable ,je n’ai pas accepté la signature et tenté une négociation (précarité ,frais de déplacement pour 900km !). Après plusieurs semaines sans reponse il m’a été signifié qu’aucune négociation n’était possible .mon nouveau contrat saisonnier faisant suite au premier ,est de 2 mois ,je ne l’ai pas signé non plus (remis plusieurs semaines après le début d’activité théorique du second contrat). Que puis faire ??!!

    1. Bonjour,

      L’alinéa 2 du L 1245-1 fait référence au contrat de mission qui par définition concerne les contrats d’intérim .
      Doit-on en déduire que cela ne concerne pas tous les CDD ?

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